Faux lissé


La neige tombait régulièrement de son regard de pierre,

Voilait son teint épais marqué d’empreintes lourdes.

Le ciel de ses pensées filait, à peine retenu par ses longs cils mouillés.

Au loin passaient les grues

Au loin perçait l’orage

Des plis marquaient soudain le tissu de ses joues.

Son corps se raidissait, brouillant les ondes calmes de son allure de marbre.

Des bourrasques chuintantes perçaient la porte épaisse aux gonds pourtant puissants de ses mâchoires d’acier,

Ses mains étouffaient l’air, brassaient l’humidité.

Passent les grues

Perce l'orage

La neige de nouveau recouvrait les plaines.

Le tracé de son corps reprenait son lissé.

Il se perdait seul parmi l’étendue blanche…

Mots-clés :